Les 3 phases

Ce guide est là pour vous aider à avancer pas à pas, à votre rythme.

Vous n’avez pas besoin de savoir exactement quoi écrire ni quelle forme prendra votre transmission. Vous pouvez commencer simplement par une personne, un souvenir, quelques mots ou une intention.

Au fil du guide, des questions, des exemples et des pistes vous aideront à faire émerger ce que vous souhaitez transmettre, à lui donner une forme, puis à préparer sa conservation et sa transmission.

Suivez les étapes dans l’ordre, revenez en arrière ou faites une pause lorsque vous en ressentez le besoin.

Faire émerger une première intention : à qui transmettre, pourquoi et ce que vous aimeriez laisser.

Donner forme à vos mots, vos souvenirs, vos histoires et à ce qui pourrait accompagner votre transmission.

Choisir quand et comment transmettre, puis prévoir sa conservation pour que votre message puisse parvenir à la bonne personne, au moment souhaité.

Réflexion avant de commencer

01. Votre première intention

Vous n’avez pas besoin de savoir quoi écrire. Pour l’instant, cherchez simplement à qui vous aimeriez transmettre quelque chose, pourquoi cette personne compte pour vous et ce que vous aimeriez qu’elle garde de vous.

Quelques mots, un souvenir ou une intention suffisent pour commencer.

Une personne vous vient-elle spontanément à l’esprit ?
Il peut s’agir d’un enfant, d’un conjoint, d’un parent, d’un ami ou de toute personne à qui vous aimeriez laisser quelque chose de vous.

Prénom ou lien avec vous

Par exemple : ma fille, mon frère, mon conjoint, une amie…

Qu’est-ce qui rend cette relation importante pour vous ?
Ne cherchez pas nécessairement une grande explication. Pensez simplement à ce qui vous relie : ce que vous avez vécu ensemble, ce que cette personne représente pour vous, ce qu’elle vous a apporté ou ce que vous aimeriez préserver de votre lien.

Quelques mots suffisent.

Par exemple : nos étés ensemble, sa façon de me faire rire, tout ce qu’elle m’a appris, une période difficile que nous avons traversée…

Imaginez cette personne au moment où elle découvrira ce que vous avez préparé. Si elle pouvait retrouver quelque chose venant de vous, qu’aimeriez-vous que ce soit ?

Une parole qu’elle puisse garder.

Un souvenir que vous ne voulez pas voir disparaître.

Une histoire qu’elle ne connaît peut-être pas.

Un conseil pour sa vie.

Quelque chose que vous aimeriez enfin lui expliquer.

Une part de votre histoire.

Votre voix, votre humour, une habitude, une valeur qui vous tient à cœur.

Ou simplement la certitude qu’elle a compté pour vous.

Une phrase peut suffire pour commencer

Vous pouvez essayer de compléter spontanément l’une de ces phrases :
« J’aimerais que tu saches… »

« Je voudrais que tu te souviennes… »

« Il y a une chose que je ne t’ai peut-être jamais dite… »

« Lorsque tu penseras à moi, j’aimerais que… »

Ne cherchez pas encore à écrire le message. Notez simplement ce qui vient.

Une personne. Ce qui la rend importante pour vous. Et peut-être déjà quelques mots que vous aimeriez lui laisser.

C’est suffisant pour continuer.

02. Explorer votre lien

Vous avez maintenant une personne en tête et une première idée de ce que vous aimeriez lui laisser. Prenez un moment pour explorer ce qui n’appartient qu’à votre relation : les souvenirs, les habitudes, les mots, les valeurs ou ces petites choses que vous seuls pouvez comprendre.

Il ne s’agit pas de raconter toute votre histoire, mais simplement de faire émerger ce qui mérite, pour vous, de ne pas disparaître.

Ne cherchez pas à répondre à tout. Arrêtez-vous simplement sur les questions qui font surgir quelque chose.

Quel souvenir me revient spontanément lorsque je pense à cette personne ?
Qu’avons-nous vécu ensemble que je ne voudrais pas voir disparaître ?
Qu’a-t-elle changé dans ma vie ou appris sur moi-même ?
Qu’est-ce qui me fait sourire lorsque je pense à elle ?
Y a-t-il quelque chose que je ne lui ai jamais vraiment dit ?
Qu’aimerais-je qu’elle comprenne un jour de notre relation ?

Si vous souhaitez aller un peu plus loin, choisissez simplement la relation qui vous correspond.

Conjoint(e) / Partenaire

Quels moments racontent le mieux votre histoire ?
Qu’aimeriez-vous que cette personne garde de votre vie ensemble ?

Enfant

Quels souvenirs de son enfance aimeriez-vous lui raconter avec votre propre regard ?
Qu’aimeriez-vous qu’il ou elle garde de vous pour la suite de sa vie ?

Frère / Sœur

Quels souvenirs n’appartiennent qu’à vous ?
Y a-t-il une tendresse, une gratitude, un regret ou un pardon que vous aimeriez exprimer ?

Parent

Qu’avez-vous reçu de cette personne que vous portez encore aujourd’hui ?
Y a-t-il quelque chose que vous comprenez aujourd’hui et que vous aimeriez enfin lui dire ?

Famille élargie

Quelles histoires, traditions ou anecdotes familiales aimeriez-vous préserver ?
Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations suivantes ?

Ami(e)

Quels moments racontent le mieux votre amitié ?
Qu’aimeriez-vous que cette personne sache de la place qu’elle a eue dans votre vie ?

Une personne qui a marqué votre vie

Qu’a-t-elle changé dans votre parcours ?
Sait-elle réellement l’impact qu’elle a eu sur vous ?

Un groupe ou une communauté

Qu’avez-vous vécu ou reçu ensemble ?
Quelle histoire, quelle gratitude ou quel souvenir aimeriez-vous préserver ?

Vous n’avez pas besoin de transmettre la même chose à tout le monde. Certaines histoires appartiennent à une relation précise ; d’autres peuvent traverser une famille ou plusieurs générations. Vous pouvez créer une transmission commune, plusieurs transmissions différentes, ou commencer simplement par une personne.

À la fin de cette étape, essayez simplement de repartir avec :

un souvenir,
quelque chose que cette personne vous a apporté,
quelque chose que vous aimeriez lui dire,
et peut-être une histoire que vous ne voulez pas voir disparaître.

Ce sont ces éléments qui donneront de la matière à votre transmission. Vous pouvez maintenant réfléchir à la forme qui leur correspondra le mieux.

03. Quelle forme pourrait prendre votre transmission ?

Vous avez fait émerger une personne, des souvenirs, des mots ou des éléments de votre histoire. Il est maintenant temps de vous demander sous quelle forme vous aimeriez les transmettre. Il n’y a pas de bon format ni de choix définitif. Une transmission peut être très simple, réunir plusieurs éléments ou évoluer avec le temps.

Une lettre, quelques lignes, une histoire, un carnet ou plusieurs messages. L’écrit permet de choisir ses mots et de laisser quelque chose que l’on pourra relire. Manuscrite ou non, une signature, un dessin ou une annotation peuvent aussi porter quelque chose de vous.

Un message audio transmet aussi une intonation, un rire, une hésitation ou une expression familière. Il n’a pas besoin d’être parfait. Parlez comme si la personne était avec vous.

La vidéo conserve votre voix, mais aussi vos expressions, vos gestes et votre regard. Un téléphone posé devant vous peut suffire. Ce que la personne retrouvera de vous compte davantage que la qualité technique.

Une photographie prend une autre dimension lorsqu’on lui ajoute son histoire. Qui était là ? Que se passait-il ? Pourquoi ce moment compte-t-il pour vous ? Une seule image accompagnée de quelques mots peut suffire.

Un bijou, un livre, une recette manuscrite ou un objet du quotidien peut porter une histoire que sa valeur matérielle ne raconte pas. Si vous choisissez un objet, pensez simplement à expliquer pourquoi il compte et pourquoi vous l’avez choisi pour cette personne.

Un lieu à découvrir, un repas, une activité, une tradition à poursuivre ou une expérience que vous aimeriez offrir. Vous pouvez y joindre quelques mots pour expliquer pourquoi vous l’avez choisie et ce que vous aimeriez transmettre à travers elle.

Vous n’avez pas à choisir. Une lettre peut accompagner une photo.
Un enregistrement peut raconter l’histoire d’un objet.
Une vidéo peut accompagner une expérience. La forme vient soutenir ce que vous souhaitez transmettre — pas l’inverse.

Posez-vous simplement ces questions :

Qu’aimeriez-vous que cette personne puisse relire ?

Entendre ?

Voir ?

Tenir entre ses mains ?

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez qu’elle puisse vivre ?

Vous n’avez pas besoin de décider maintenant.
Notez simplement les formes qui vous parlent le plus.

Vous avez une personne en tête, quelque chose que vous aimeriez préserver et peut-être déjà une idée de la forme que cela pourrait prendre. C’est suffisamment de matière pour commencer à construire votre transmission.

Construction du message

04. Ce que vous souhaitez transmettre

Vous avez fait émerger une personne, des souvenirs, des mots et peut-être une forme pour votre transmission. Il est maintenant temps de choisir ce que vous souhaitez réellement lui laisser. Vous n’avez pas besoin de tout dire. Une transmission peut raconter toute une vie, mais elle peut aussi tenir autour d’un seul souvenir, d’un merci ou de quelques mots.

Commencez simplement par ce qui compte pour vous.

Parmi les pistes suivantes, arrêtez-vous simplement sur celles qui font émerger quelque chose.

Un événement important ou un instant très ordinaire : un repas, des vacances, une conversation, une habitude, quelque chose qui vous faisait rire ensemble.

Pourquoi ce moment est-il resté avec vous ? Qu’aimeriez-vous que cette personne en garde ?

Ce qu’elle a apporté à votre vie, ce que vous admirez chez elle ou ce que votre relation signifie pour vous. Parfois, les choses qui semblent évidentes sont aussi celles que l’on oublie de dire.

Vous pouvez simplement dire ce que vous ressentez. Votre manière habituelle de parler peut être plus précieuse que des mots parfaitement choisis.

Un geste. Une présence. Une période traversée ensemble. Quelque chose que cette personne vous a apporté sans peut-être même le savoir.

Pour quoi aimeriez-vous lui dire merci ?

Votre enfance, vos choix, vos rencontres, vos rêves, vos réussites ou vos erreurs peuvent permettre à vos proches de découvrir une part de vous autrement.

Vous n’avez pas besoin de raconter toute votre vie. Choisissez simplement ce que vous aimeriez voir continuer à exister.

Peut-être existe-t-il quelque chose que la vie vous a appris et que vous aimeriez transmettre. Une manière d’aimer, de choisir, de traverser les difficultés, de recommencer ou de profiter de la vie. Plutôt que de donner une leçon, racontez comment vous en êtes arrivé là.

Quelques mots pour un doute, une difficulté, un changement de vie, une décision ou une réussite. Parlez à cette personne comme si elle était devant vous.

Une recette, une chanson, une expression familiale, un lieu ou une habitude peut raconter une partie de votre histoire. Transmettez-la, mais racontez aussi d’où elle vient et pourquoi elle compte pour vous.

Une explication. Un merci. Un regret. Une vérité. Une demande de pardon. Ou un pardon que vous souhaitez offrir. Vous êtes libre de les écrire ou non. Si vous le faites, gardez simplement cette question en tête :

Est-ce que je transmets quelque chose que je souhaite dire, ou quelque chose que j’attends de cette personne qu’elle porte ou répare pour moi ?

Un message peut contenir quelque chose de difficile sans en confier le poids à celui qui le recevra.

Vous pouvez raconter ce qui s’est passé, ce que cela a changé en vous, ce qui vous a aidé ou ce que vous en avez compris. Et vous n’avez pas besoin de transformer chaque épreuve en leçon positive.

Une lettre, votre voix, une vidéo, une chanson ou quelques mots peuvent aussi être préparés pour ce moment. Cela peut être un adieu, mais pas nécessairement : une histoire, un merci ou simplement quelque chose de vous.

Un souvenir peut conduire à un merci.
Une recette peut raconter votre enfance.
Une difficulté peut expliquer une valeur.
Une photo peut ouvrir une histoire.

Vous pouvez aussi créer plusieurs transmissions, pour différentes personnes ou différents moments.

Reprenez ce qui a émergé pendant la Phase 1 et choisissez simplement une chose que vous avez envie de raconter en premier. Un souvenir. Une histoire. Un merci. Une chose jamais dite. Une valeur. Une anecdote. Vous ne cherchez pas encore la version définitive. Vous cherchez simplement le fil par lequel commencer. Et si les premiers mots ne viennent pas, l’étape suivante est justement là pour vous aider.

05. Trouver les premiers mots

Commencer est parfois la partie la plus difficile. Vous savez peut-être déjà ce que vous souhaitez raconter sans savoir comment poser la première phrase. Elle n’a pas besoin d’être parfaite. Les phrases suivantes ne sont pas des modèles, simplement des points de départ pour trouver vos propres mots.

« Quand je pense à nous, je reviens souvent à… »

« Je ne sais pas si tu te souviens de ce jour où… »

« Il y a un souvenir que j’aimerais te raconter… »

« Il y a quelque chose que j’aimerais que tu saches sur la place que tu as eue dans ma vie… »

« Je ne t’ai peut-être jamais vraiment dit ce que j’aime chez toi… »

« Tu m’as appris quelque chose que tu ne sais peut-être même pas… »

« Il y a quelque chose que je voulais prendre le temps de te dire… »

« J’aimerais que tu saches… »

« Il y a une chose dont j’aimerais que tu te souviennes… »

« Il y a une partie de ma vie que je ne t’ai jamais vraiment racontée… »

« Quand j’avais ton âge… »

« Pour comprendre pourquoi cela compte autant pour moi, il faut que je te raconte… »

« Je ne sais pas exactement où tu seras dans ta vie lorsque tu découvriras ceci… »

« J’ai préparé ces mots en pensant au jour où tu les recevrais… »

« Au moment où tu découvriras ce message, beaucoup de choses auront peut-être changé… »

« Bonjour mon amour. »

« Bon… je ne sais pas vraiment comment commencer. »

« J’avais envie de te raconter quelque chose. »

Votre manière habituelle de parler peut être la meilleure façon de commencer.

Commencez au milieu. Écrivez le souvenir, l’histoire ou les mots qui vous viennent. La première phrase pourra venir plus tard. Vous pouvez même commencer par :

« Je ne sais pas comment commencer ce message, alors je vais simplement te raconter… »

« Léa,

Je repensais l’autre jour aux dimanches matin où tu venais t’asseoir sur le plan de travail pendant que je préparais les crêpes. Tu volais toujours la première avant même que j’aie terminé la pâte.

Je ne sais pas si ce souvenir aura la même importance pour toi que pour moi. Mais quand je pense à ton enfance, c’est souvent cette image qui me revient… »

L’exemple s’arrête volontairement ici. Il n’existe pas une bonne manière de poursuivre. Votre message peut aller vers un souvenir, une émotion, un merci, une histoire ou simplement quelques mots. L’important n’est pas d’écrire comme quelqu’un d’autre. C’est que, dans vos mots, la personne puisse vous reconnaître.

06. Enrichir votre transmission

Votre message peut se suffire à lui-même. Mais vous pouvez aussi l’accompagner de quelques éléments qui racontent quelque chose de vous, de votre histoire ou de votre relation. Il ne s’agit pas d’en faire davantage. Ajoutez simplement ce qui a du sens pour vous.

Une photo peut faire revenir un visage, un lieu, une époque ou toute une histoire. Vous pouvez l’accompagner de quelques mots : où étiez-vous, que se passait-il et pourquoi cette image compte-t-elle pour vous ?

Un bijou, un livre, un vêtement, une création ou même un objet parfaitement ordinaire peut porter une histoire. Si vous souhaitez le transmettre, racontez simplement d’où il vient, ce qu’il représente et pourquoi vous l’avez choisi pour cette personne.

Une chanson, une musique ou un son particulier peut ramener instantanément à une époque, une personne ou un souvenir. Vous pouvez simplement le transmettre en expliquant ce qu’il raconte pour vous.

La mémoire passe aussi par les sens. Un parfum, une recette familiale, un plat ou l’odeur d’un lieu peuvent faire partie de ce que vous souhaitez laisser. Vous pouvez les évoquer dans votre message ou imaginer une façon de permettre à la personne de les retrouver.

Votre écriture. Une expression. Une recette annotée. Un dessin. Une blague entre vous. Votre manière de signer vos messages. Ce sont parfois les choses les plus ordinaires qui donnent le plus fortement le sentiment de retrouver quelqu’un.

Un endroit, un repas, une promenade, un voyage, une activité ou une tradition peuvent aussi devenir une transmission. Vous pouvez raconter pourquoi cela compte pour vous et ce que vous aimeriez que cette personne y retrouve ou y vive.

Avant d’ajouter quelque chose, posez-vous simplement cette question :

« Pourquoi ai-je envie que cette personne reçoive aussi ceci ? »

Si la réponse vous ramène à une histoire, une émotion, un souvenir ou quelque chose que vous souhaitez transmettre, cet élément a probablement sa place. Sinon, vous n’avez pas besoin de l’ajouter.

Une lettre peut suffire.
Une photographie accompagnée de trois phrases peut suffire.
 Votre voix racontant un souvenir peut suffire.
Une recette avec une annotation dans la marge peut suffire.

La valeur de votre transmission ne dépend pas de sa taille ou du nombre d’éléments qu’elle contient. Elle vient de ce qu’elle raconte de vous et du lien qui vous unit à la personne qui la recevra.

Organisation et transmission

07. Choisir le moment de la transmission

Vous avez préparé quelque chose pour une personne. Reste maintenant à réfléchir au moment où vous aimeriez qu’elle le découvre. Ce moment peut être précis, symbolique, lié à une étape de vie — ou ne pas être défini du tout. Vous n’avez pas besoin de prévoir l’avenir. Choisissez simplement l’intention qui vous semble juste aujourd’hui.

Votre transmission peut être remise après votre décès, sans attendre de date particulière. Vous pouvez aussi laisser au destinataire la liberté de choisir quand il souhaitera la découvrir.

Un anniversaire, une fête, une date importante pour votre famille ou liée à votre histoire commune. Vous pouvez choisir une date précise ou simplement indiquer le moment auquel vous aimeriez que votre transmission soit proposée.

Un passage à l’âge adulte, un diplôme, un mariage, une naissance, un départ de la maison ou une autre étape importante. Vous ne savez pas quand — ni même si — ce moment arrivera. Ce n’est pas un problème. Votre intention peut simplement être :

« J’aimerais que ce message lui soit transmis si ce moment arrive. »

Un futur petit-enfant, une génération suivante ou quelqu’un qui découvrira un jour votre histoire. Vous pouvez lui transmettre qui vous êtes, ce que vous avez vécu et ce que vous aimeriez qu’il reste de votre histoire.

Vous pouvez préparer quelques mots pour une période où cette personne pourrait traverser une épreuve ou un changement important. Sans essayer de prévoir ce qu’elle ressentira, vous pouvez simplement lui proposer une présence :

« Si un jour tu traverses une période où tu as envie de m’entendre… »

Et lui laisser la liberté de l’ouvrir — ou non.

 

Vous pouvez aussi ne choisir aucune date.

« À ouvrir lorsque tu en auras envie. »
« Pour toi, quand le moment te semblera juste. »

Ne pas choisir le moment peut aussi être un choix.

« Si un jour tu traverses une période où tu as envie de m’entendre… »

Et lui laisser la liberté de l’ouvrir — ou non.

Vous pouvez préparer plusieurs messages pour une même personne et différents moments de sa vie. Mais vous n’avez aucune obligation de construire tout un calendrier. Une seule transmission peut suffire.

Vous choisissez le moment auquel votre transmission pourra être proposée. Mais la personne qui la reçoit reste libre de la manière dont elle l’accueillera. Elle peut l’ouvrir immédiatement, attendre, y revenir plus tard ou ne pas se sentir prête à la découvrir. Préparer une transmission ne signifie pas décider à la place de l’autre de ce qu’il devra ressentir. Vous préparez quelque chose avec une intention. Le destinataire reste libre de ce qu’il en fera.

Notez simplement :

Quand aimeriez-vous que votre transmission puisse être remise ?

Y a-t-il une circonstance particulière à respecter ?

Souhaitez-vous laisser au destinataire le choix du moment où il l’ouvrira ?

Vous n’avez pas besoin de prévoir davantage pour l’instant. L’étape suivante vous permettra de revenir une dernière fois sur ce que vous avez créé.

08. Relire et finaliser votre transmission

Vous avez construit votre transmission et réfléchi au moment où vous aimeriez qu’elle soit découverte. Avant de penser à sa conservation, prenez un moment pour revenir à ce que vous avez préparé. Il ne s’agit pas de le rendre parfait, mais de vérifier qu’il vous ressemble et transmet bien ce que vous souhaitez laisser.

Si vous le pouvez, laissez passer quelques heures, quelques jours ou davantage. Puis relisez, réécoutez ou regardez votre message et demandez-vous :

Est-ce que je me reconnais dans ce message ?

Est-ce que je dis ce que j’avais réellement envie de dire ?

Y a-t-il quelque chose d’important qui manque ?

Y a-t-il quelque chose que je ne souhaite finalement plus transmettre ?

Demandez-vous :

Qu’est-ce que je souhaite réellement lui laisser ?

Certaines choses ont-elles besoin de davantage de contexte ?

Est-ce que je lui transmets quelque chose, ou est-ce que j’attends d’elle qu’elle porte ou résolve quelque chose pour moi ?

Vous n’avez pas besoin d’effacer les émotions difficiles, les regrets ou les vérités importantes. Un message peut être difficile et rester profondément juste. L’essentiel est de choisir consciemment ce que vous souhaitez laisser.

Une phrase à reformuler.

Un souvenir à ajouter.

Un passage à simplifier ou à retirer.

Une histoire à préciser.

Ou rien du tout. L’authenticité compte davantage que la perfection. Une hésitation dans votre voix, une rature ou une phrase imparfaite peuvent aussi faire partie de ce que la personne retrouvera de vous.

Si vous avez ajouté une photo, un objet, un enregistrement ou un autre élément, posez-vous simplement cette question :

La personne comprendra-t-elle pourquoi il est là ?

Si ce n’est pas évident, quelques mots d’explication peuvent suffire.

Votre vie continue, vos relations aussi. Vous pourrez revenir à votre transmission, la modifier, ajouter ou retirer quelque chose, ou en créer une nouvelle. Ce que vous préparez aujourd’hui peut évoluer avec vous.

Vérifiez simplement :

Est-ce que ce que j’ai préparé me ressemble ?

Est-ce que cela contient ce que je souhaite réellement transmettre ?

Ai-je indiqué quand ou dans quelles circonstances j’aimerais que cela soit remis ?

Si quelque chose reste incertain, vous pourrez y revenir. Si cela vous semble juste aujourd’hui, votre transmission est prête à être conservée. L’étape suivante consiste à faire en sorte qu’elle puisse réellement être retrouvée et transmise le moment venu.

09. Conserver et assurer la transmission

Vous avez préparé votre transmission. Il reste une question essentielle :

Comment faire en sorte qu’elle soit retrouvée et remise à la bonne personne, au moment prévu ?

Conserver un message ne suffit pas toujours. Quelqu’un doit savoir qu’il existe, où le trouver et ce que vous souhaitez qu’il en advienne. Vous pouvez organiser cela vous-même ou choisir de le confier à un tiers.

Une lettre, des photographies ou des objets peuvent être conservés chez vous, dans une boîte dédiée, un coffre-fort ou un lieu protégé. Pour les contenus numériques, choisissez un support ou un espace sécurisé et, si possible, prévoyez une copie. Dans tous les cas, posez-vous cette question :

Si je n’étais plus là demain, quelqu’un saurait-il que cette transmission existe et comment la retrouver ?

Vous pouvez confier votre transmission — ou simplement les instructions permettant de la retrouver — à une personne en qui vous avez confiance. Elle doit savoir :
ce qui existe et où le trouver ;
à qui cela est destiné ;
quand ou dans quelles circonstances le remettre ;
s’il existe des instructions particulières.

Elle n’a pas nécessairement besoin d’en connaître le contenu.

Une vidéo, un enregistrement ou un document peut être conservé et pourtant devenir inaccessible avec le temps. Vérifiez simplement où il se trouve, s’il existe une copie et comment la personne chargée de la transmission pourra y accéder. Évitez, si possible, que tout repose sur un seul appareil ou support.

Une transmission préparée aujourd’hui sera peut-être remise dans plusieurs années. Entre-temps, un support, des coordonnées, vos instructions ou la personne de confiance choisie peuvent changer. De temps en temps, vérifiez simplement :

Le contenu est-il toujours accessible ?

Mes instructions sont-elles toujours à jour ?

La personne choisie peut-elle toujours assurer ce rôle ?

Vous pouvez aussi souhaiter créer votre transmission vous-même, mais ne pas faire porter sa conservation et sa remise à un proche. Cette responsabilité peut alors être confiée à un tiers de confiance ou à un service professionnel.

Avant de choisir une solution, vérifiez notamment les conditions de conservation, la confidentialité, la durée prévue, les modalités de remise, le suivi des instructions dans le temps et ce qu’il adviendrait de votre transmission si le service cessait son activité.

Avant de terminer, demandez-vous simplement :

Ma transmission est-elle bien conservée ?

Quelqu’un sait-il qu’elle existe et comment la retrouver ?

Les instructions pour la remettre sont-elles claires ?

Pourra-t-elle encore être accessible dans plusieurs années ?

Vous pourrez revenir à cette organisation et l’adapter avec le temps. Vous avez maintenant prévu comment votre transmission pourra être conservée, retrouvée et remise selon vos intentions. Mais il reste une possibilité que nous n’avons pas encore vraiment explorée :

Et si elle n’avait finalement pas besoin d’attendre votre départ ?

10. Et si votre transmission n’attendait pas votre départ ?

Les Enveloppes Violettes sont nées autour de l’idée de transmettre quelque chose au-delà de sa propre vie. Mais ce que vous préparez n’a pas nécessairement besoin d’être posthume. Vous pouvez écrire aujourd’hui quelque chose qui sera découvert dans quelques mois ou plusieurs années, alors que vous êtes encore là.

Un anniversaire. Une étape de vie. Une date importante. Ou simplement un moment que vous choisissez. Vous pouvez préparer aujourd’hui une lettre, une photographie accompagnée de quelques mots, votre voix ou autre chose que vous souhaitez faire découvrir plus tard. Transmettre dans le temps ne signifie pas nécessairement transmettre après la mort.

En préparant quelque chose pour plus tard, vous réaliserez peut-être que certains mots n’ont aucune raison d’être gardés.

Un merci.

Un souvenir.

Une explication.

Un « je t’aime ».

Un pardon.

Une histoire que vous n’avez jamais racontée.

Vous pouvez aussi décider de les transmettre maintenant. Préparer quelque chose pour demain peut parfois nous rappeler ce que nous avons envie de dire aujourd’hui.

Une transmission prévue après votre départ peut finalement être donnée de votre vivant. Quelque chose préparé pour dans dix ans peut être remis plus tôt — ou attendre davantage. Votre transmission vous appartient. Elle peut évoluer avec votre vie et vos relations. L’essentiel n’est pas de prévoir parfaitement quand vos mots devront arriver. L’essentiel est d’avoir pris le temps de reconnaître ce que vous souhaitez transmettre.

11. Et maintenant ?

Vous avez pris le temps de réfléchir à ce que vous aimeriez transmettre. Peut-être avez-vous écrit une lettre, enregistré votre voix, choisi une photographie ou imaginé quelque chose pour plus tard. Ou peut-être n’avez-vous encore que quelques mots et une personne en tête. Tout cela est déjà une manière de commencer.

Vous pouvez vous arrêter ici, y revenir dans quelques jours ou quelques mois, ajouter une histoire, modifier un message ou créer quelque chose pour une autre personne. Rien ne vous oblige à tout terminer aujourd’hui.

Ce guide a été conçu pour cela. Vous pouvez reprendre les différentes étapes quand vous le souhaitez et avancer à votre rythme. Il n’existe pas de nombre idéal de messages, de forme parfaite ou de bonne manière de faire. Votre façon de transmettre peut rester entièrement la vôtre.

Parfois, les idées sont là mais les mots sont difficiles à trouver. Une histoire peut être plus complexe à raconter, plusieurs transmissions à organiser, ou l’on peut simplement préférer ne pas faire ce chemin seul. Dans ce cas, un accompagnement est possible. Il ne remplace pas votre voix et ne décide pas à votre place. Il vous aide à faire émerger, construire ou organiser ce que vous souhaitez transmettre.

Si quelque chose vous a aidé, vous a manqué ou si vous souhaitez simplement nous raconter votre expérience avec ce guide, vous pouvez nous écrire à :

info@les-enveloppes-violettes.com

Vous n’avez pas besoin de tout raconter.

Vous n’avez pas besoin de tout prévoir.

Vous n’avez pas besoin de créer quelque chose d’extraordinaire.

Quelques mots peuvent suffire pour laisser une trace de ce qui compte.

Copyright © 2026 I Les Enveloppes Violettes

Les 3 phases

Ce guide est là pour vous aider à avancer pas à pas, à votre rythme.

Vous n’avez pas besoin de savoir exactement quoi écrire ni quelle forme prendra votre transmission. Vous pouvez commencer simplement par une personne, un souvenir, quelques mots ou une intention.

Au fil du guide, des questions, des exemples et des pistes vous aideront à faire émerger ce que vous souhaitez transmettre, à lui donner une forme, puis à préparer sa conservation et sa transmission.

Suivez les étapes dans l’ordre, revenez en arrière ou faites une pause lorsque vous en ressentez le besoin.

Faire émerger une première intention : à qui transmettre, pourquoi et ce que vous aimeriez laisser.

Donner forme à vos mots, vos souvenirs, vos histoires et à ce qui pourrait accompagner votre transmission.

Choisir quand et comment transmettre, puis prévoir sa conservation pour que votre message puisse parvenir à la bonne personne, au moment souhaité.

Réflexion avant de commencer

01. Votre première intention

Vous n’avez pas besoin de savoir quoi écrire. Pour l’instant, cherchez simplement à qui vous aimeriez transmettre quelque chose, pourquoi cette personne compte pour vous et ce que vous aimeriez qu’elle garde de vous.

Quelques mots, un souvenir ou une intention suffisent pour commencer.

Une personne vous vient-elle spontanément à l’esprit ?
Il peut s’agir d’un enfant, d’un conjoint, d’un parent, d’un ami ou de toute personne à qui vous aimeriez laisser quelque chose de vous.

Prénom ou lien avec vous

Par exemple : ma fille, mon frère, mon conjoint, une amie…

Qu’est-ce qui rend cette relation importante pour vous ?
Ne cherchez pas nécessairement une grande explication. Pensez simplement à ce qui vous relie : ce que vous avez vécu ensemble, ce que cette personne représente pour vous, ce qu’elle vous a apporté ou ce que vous aimeriez préserver de votre lien.

Quelques mots suffisent.

Par exemple : nos étés ensemble, sa façon de me faire rire, tout ce qu’elle m’a appris, une période difficile que nous avons traversée…

Imaginez cette personne au moment où elle découvrira ce que vous avez préparé. Si elle pouvait retrouver quelque chose venant de vous, qu’aimeriez-vous que ce soit ?

Une parole qu’elle puisse garder.

Un souvenir que vous ne voulez pas voir disparaître.

Une histoire qu’elle ne connaît peut-être pas.

Un conseil pour sa vie.

Quelque chose que vous aimeriez enfin lui expliquer.

Une part de votre histoire.

Votre voix, votre humour, une habitude, une valeur qui vous tient à cœur.

Ou simplement la certitude qu’elle a compté pour vous.

Une phrase peut suffire pour commencer

Vous pouvez essayer de compléter spontanément l’une de ces phrases :
« J’aimerais que tu saches… »

« Je voudrais que tu te souviennes… »

« Il y a une chose que je ne t’ai peut-être jamais dite… »

« Lorsque tu penseras à moi, j’aimerais que… »

Ne cherchez pas encore à écrire le message. Notez simplement ce qui vient.

Une personne. Ce qui la rend importante pour vous. Et peut-être déjà quelques mots que vous aimeriez lui laisser.

C’est suffisant pour continuer.

02. Explorer votre lien

Vous avez maintenant une personne en tête et une première idée de ce que vous aimeriez lui laisser. Prenez un moment pour explorer ce qui n’appartient qu’à votre relation : les souvenirs, les habitudes, les mots, les valeurs ou ces petites choses que vous seuls pouvez comprendre.

Il ne s’agit pas de raconter toute votre histoire, mais simplement de faire émerger ce qui mérite, pour vous, de ne pas disparaître.

Ne cherchez pas à répondre à tout. Arrêtez-vous simplement sur les questions qui font surgir quelque chose.

Quel souvenir me revient spontanément lorsque je pense à cette personne ?
Qu’avons-nous vécu ensemble que je ne voudrais pas voir disparaître ?
Qu’a-t-elle changé dans ma vie ou appris sur moi-même ?
Qu’est-ce qui me fait sourire lorsque je pense à elle ?
Y a-t-il quelque chose que je ne lui ai jamais vraiment dit ?
Qu’aimerais-je qu’elle comprenne un jour de notre relation ?

Si vous souhaitez aller un peu plus loin, choisissez simplement la relation qui vous correspond.

Conjoint(e) / Partenaire

Quels moments racontent le mieux votre histoire ?
Qu’aimeriez-vous que cette personne garde de votre vie ensemble ?

Enfant

Quels souvenirs de son enfance aimeriez-vous lui raconter avec votre propre regard ?
Qu’aimeriez-vous qu’il ou elle garde de vous pour la suite de sa vie ?

Frère / Sœur

Quels souvenirs n’appartiennent qu’à vous ?
Y a-t-il une tendresse, une gratitude, un regret ou un pardon que vous aimeriez exprimer ?

Parent

Qu’avez-vous reçu de cette personne que vous portez encore aujourd’hui ?
Y a-t-il quelque chose que vous comprenez aujourd’hui et que vous aimeriez enfin lui dire ?

Famille élargie

Quelles histoires, traditions ou anecdotes familiales aimeriez-vous préserver ?
Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations suivantes ?

Ami(e)

Quels moments racontent le mieux votre amitié ?
Qu’aimeriez-vous que cette personne sache de la place qu’elle a eue dans votre vie ?

Une personne qui a marqué votre vie

Qu’a-t-elle changé dans votre parcours ?
Sait-elle réellement l’impact qu’elle a eu sur vous ?

Un groupe ou une communauté

Qu’avez-vous vécu ou reçu ensemble ?
Quelle histoire, quelle gratitude ou quel souvenir aimeriez-vous préserver ?

Vous n’avez pas besoin de transmettre la même chose à tout le monde. Certaines histoires appartiennent à une relation précise ; d’autres peuvent traverser une famille ou plusieurs générations. Vous pouvez créer une transmission commune, plusieurs transmissions différentes, ou commencer simplement par une personne.

À la fin de cette étape, essayez simplement de repartir avec :

un souvenir,
quelque chose que cette personne vous a apporté,
quelque chose que vous aimeriez lui dire,
et peut-être une histoire que vous ne voulez pas voir disparaître.

Ce sont ces éléments qui donneront de la matière à votre transmission. Vous pouvez maintenant réfléchir à la forme qui leur correspondra le mieux.

03. Quelle forme pourrait prendre votre transmission ?

Vous avez fait émerger une personne, des souvenirs, des mots ou des éléments de votre histoire. Il est maintenant temps de vous demander sous quelle forme vous aimeriez les transmettre. Il n’y a pas de bon format ni de choix définitif. Une transmission peut être très simple, réunir plusieurs éléments ou évoluer avec le temps.

Une lettre, quelques lignes, une histoire, un carnet ou plusieurs messages. L’écrit permet de choisir ses mots et de laisser quelque chose que l’on pourra relire. Manuscrite ou non, une signature, un dessin ou une annotation peuvent aussi porter quelque chose de vous.

Un message audio transmet aussi une intonation, un rire, une hésitation ou une expression familière. Il n’a pas besoin d’être parfait. Parlez comme si la personne était avec vous.

La vidéo conserve votre voix, mais aussi vos expressions, vos gestes et votre regard. Un téléphone posé devant vous peut suffire. Ce que la personne retrouvera de vous compte davantage que la qualité technique.

Une photographie prend une autre dimension lorsqu’on lui ajoute son histoire. Qui était là ? Que se passait-il ? Pourquoi ce moment compte-t-il pour vous ? Une seule image accompagnée de quelques mots peut suffire.

Un bijou, un livre, une recette manuscrite ou un objet du quotidien peut porter une histoire que sa valeur matérielle ne raconte pas. Si vous choisissez un objet, pensez simplement à expliquer pourquoi il compte et pourquoi vous l’avez choisi pour cette personne.

Un lieu à découvrir, un repas, une activité, une tradition à poursuivre ou une expérience que vous aimeriez offrir. Vous pouvez y joindre quelques mots pour expliquer pourquoi vous l’avez choisie et ce que vous aimeriez transmettre à travers elle.

Vous n’avez pas à choisir. Une lettre peut accompagner une photo.
Un enregistrement peut raconter l’histoire d’un objet.
Une vidéo peut accompagner une expérience. La forme vient soutenir ce que vous souhaitez transmettre — pas l’inverse.

Posez-vous simplement ces questions :

Qu’aimeriez-vous que cette personne puisse relire ?

Entendre ?

Voir ?

Tenir entre ses mains ?

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez qu’elle puisse vivre ?

Vous n’avez pas besoin de décider maintenant.
Notez simplement les formes qui vous parlent le plus.

Vous avez une personne en tête, quelque chose que vous aimeriez préserver et peut-être déjà une idée de la forme que cela pourrait prendre. C’est suffisamment de matière pour commencer à construire votre transmission.

Construction du message

04. Ce que vous souhaitez transmettre

Vous avez fait émerger une personne, des souvenirs, des mots et peut-être une forme pour votre transmission. Il est maintenant temps de choisir ce que vous souhaitez réellement lui laisser. Vous n’avez pas besoin de tout dire. Une transmission peut raconter toute une vie, mais elle peut aussi tenir autour d’un seul souvenir, d’un merci ou de quelques mots.

Commencez simplement par ce qui compte pour vous.

Parmi les pistes suivantes, arrêtez-vous simplement sur celles qui font émerger quelque chose.

Un événement important ou un instant très ordinaire : un repas, des vacances, une conversation, une habitude, quelque chose qui vous faisait rire ensemble.

Pourquoi ce moment est-il resté avec vous ? Qu’aimeriez-vous que cette personne en garde ?

Ce qu’elle a apporté à votre vie, ce que vous admirez chez elle ou ce que votre relation signifie pour vous. Parfois, les choses qui semblent évidentes sont aussi celles que l’on oublie de dire.

Vous pouvez simplement dire ce que vous ressentez. Votre manière habituelle de parler peut être plus précieuse que des mots parfaitement choisis.

Un geste. Une présence. Une période traversée ensemble. Quelque chose que cette personne vous a apporté sans peut-être même le savoir.

Pour quoi aimeriez-vous lui dire merci ?

Votre enfance, vos choix, vos rencontres, vos rêves, vos réussites ou vos erreurs peuvent permettre à vos proches de découvrir une part de vous autrement.

Vous n’avez pas besoin de raconter toute votre vie. Choisissez simplement ce que vous aimeriez voir continuer à exister.

Peut-être existe-t-il quelque chose que la vie vous a appris et que vous aimeriez transmettre. Une manière d’aimer, de choisir, de traverser les difficultés, de recommencer ou de profiter de la vie. Plutôt que de donner une leçon, racontez comment vous en êtes arrivé là.

Quelques mots pour un doute, une difficulté, un changement de vie, une décision ou une réussite. Parlez à cette personne comme si elle était devant vous.

Une recette, une chanson, une expression familiale, un lieu ou une habitude peut raconter une partie de votre histoire. Transmettez-la, mais racontez aussi d’où elle vient et pourquoi elle compte pour vous.

Une explication. Un merci. Un regret. Une vérité. Une demande de pardon. Ou un pardon que vous souhaitez offrir. Vous êtes libre de les écrire ou non. Si vous le faites, gardez simplement cette question en tête :

Est-ce que je transmets quelque chose que je souhaite dire, ou quelque chose que j’attends de cette personne qu’elle porte ou répare pour moi ?

Un message peut contenir quelque chose de difficile sans en confier le poids à celui qui le recevra.

Vous pouvez raconter ce qui s’est passé, ce que cela a changé en vous, ce qui vous a aidé ou ce que vous en avez compris. Et vous n’avez pas besoin de transformer chaque épreuve en leçon positive.

Une lettre, votre voix, une vidéo, une chanson ou quelques mots peuvent aussi être préparés pour ce moment. Cela peut être un adieu, mais pas nécessairement : une histoire, un merci ou simplement quelque chose de vous.

Un souvenir peut conduire à un merci.
Une recette peut raconter votre enfance.
Une difficulté peut expliquer une valeur.
Une photo peut ouvrir une histoire.

Vous pouvez aussi créer plusieurs transmissions, pour différentes personnes ou différents moments.

Reprenez ce qui a émergé pendant la Phase 1 et choisissez simplement une chose que vous avez envie de raconter en premier. Un souvenir. Une histoire. Un merci. Une chose jamais dite. Une valeur. Une anecdote. Vous ne cherchez pas encore la version définitive. Vous cherchez simplement le fil par lequel commencer. Et si les premiers mots ne viennent pas, l’étape suivante est justement là pour vous aider.

05. Trouver les premiers mots

Commencer est parfois la partie la plus difficile. Vous savez peut-être déjà ce que vous souhaitez raconter sans savoir comment poser la première phrase. Elle n’a pas besoin d’être parfaite. Les phrases suivantes ne sont pas des modèles, simplement des points de départ pour trouver vos propres mots.

« Quand je pense à nous, je reviens souvent à… »

« Je ne sais pas si tu te souviens de ce jour où… »

« Il y a un souvenir que j’aimerais te raconter… »

« Il y a quelque chose que j’aimerais que tu saches sur la place que tu as eue dans ma vie… »

« Je ne t’ai peut-être jamais vraiment dit ce que j’aime chez toi… »

« Tu m’as appris quelque chose que tu ne sais peut-être même pas… »

« Il y a quelque chose que je voulais prendre le temps de te dire… »

« J’aimerais que tu saches… »

« Il y a une chose dont j’aimerais que tu te souviennes… »

« Il y a une partie de ma vie que je ne t’ai jamais vraiment racontée… »

« Quand j’avais ton âge… »

« Pour comprendre pourquoi cela compte autant pour moi, il faut que je te raconte… »

« Je ne sais pas exactement où tu seras dans ta vie lorsque tu découvriras ceci… »

« J’ai préparé ces mots en pensant au jour où tu les recevrais… »

« Au moment où tu découvriras ce message, beaucoup de choses auront peut-être changé… »

« Bonjour mon amour. »

« Bon… je ne sais pas vraiment comment commencer. »

« J’avais envie de te raconter quelque chose. »

Votre manière habituelle de parler peut être la meilleure façon de commencer.

Commencez au milieu. Écrivez le souvenir, l’histoire ou les mots qui vous viennent. La première phrase pourra venir plus tard. Vous pouvez même commencer par :

« Je ne sais pas comment commencer ce message, alors je vais simplement te raconter… »

« Léa,

Je repensais l’autre jour aux dimanches matin où tu venais t’asseoir sur le plan de travail pendant que je préparais les crêpes. Tu volais toujours la première avant même que j’aie terminé la pâte.

Je ne sais pas si ce souvenir aura la même importance pour toi que pour moi. Mais quand je pense à ton enfance, c’est souvent cette image qui me revient… »

L’exemple s’arrête volontairement ici. Il n’existe pas une bonne manière de poursuivre. Votre message peut aller vers un souvenir, une émotion, un merci, une histoire ou simplement quelques mots. L’important n’est pas d’écrire comme quelqu’un d’autre. C’est que, dans vos mots, la personne puisse vous reconnaître.

06. Enrichir votre transmission

Votre message peut se suffire à lui-même. Mais vous pouvez aussi l’accompagner de quelques éléments qui racontent quelque chose de vous, de votre histoire ou de votre relation. Il ne s’agit pas d’en faire davantage. Ajoutez simplement ce qui a du sens pour vous.

Une photo peut faire revenir un visage, un lieu, une époque ou toute une histoire. Vous pouvez l’accompagner de quelques mots : où étiez-vous, que se passait-il et pourquoi cette image compte-t-elle pour vous ?

Un bijou, un livre, un vêtement, une création ou même un objet parfaitement ordinaire peut porter une histoire. Si vous souhaitez le transmettre, racontez simplement d’où il vient, ce qu’il représente et pourquoi vous l’avez choisi pour cette personne.

Une chanson, une musique ou un son particulier peut ramener instantanément à une époque, une personne ou un souvenir. Vous pouvez simplement le transmettre en expliquant ce qu’il raconte pour vous.

La mémoire passe aussi par les sens. Un parfum, une recette familiale, un plat ou l’odeur d’un lieu peuvent faire partie de ce que vous souhaitez laisser. Vous pouvez les évoquer dans votre message ou imaginer une façon de permettre à la personne de les retrouver.

Votre écriture. Une expression. Une recette annotée. Un dessin. Une blague entre vous. Votre manière de signer vos messages. Ce sont parfois les choses les plus ordinaires qui donnent le plus fortement le sentiment de retrouver quelqu’un.

Un endroit, un repas, une promenade, un voyage, une activité ou une tradition peuvent aussi devenir une transmission. Vous pouvez raconter pourquoi cela compte pour vous et ce que vous aimeriez que cette personne y retrouve ou y vive.

Avant d’ajouter quelque chose, posez-vous simplement cette question :

« Pourquoi ai-je envie que cette personne reçoive aussi ceci ? »

Si la réponse vous ramène à une histoire, une émotion, un souvenir ou quelque chose que vous souhaitez transmettre, cet élément a probablement sa place. Sinon, vous n’avez pas besoin de l’ajouter.

Une lettre peut suffire.
Une photographie accompagnée de trois phrases peut suffire.
 Votre voix racontant un souvenir peut suffire.
Une recette avec une annotation dans la marge peut suffire.

La valeur de votre transmission ne dépend pas de sa taille ou du nombre d’éléments qu’elle contient. Elle vient de ce qu’elle raconte de vous et du lien qui vous unit à la personne qui la recevra.

Organisation et transmission

07. Choisir le moment de la transmission

Vous avez préparé quelque chose pour une personne. Reste maintenant à réfléchir au moment où vous aimeriez qu’elle le découvre. Ce moment peut être précis, symbolique, lié à une étape de vie — ou ne pas être défini du tout. Vous n’avez pas besoin de prévoir l’avenir. Choisissez simplement l’intention qui vous semble juste aujourd’hui.

Votre transmission peut être remise après votre décès, sans attendre de date particulière. Vous pouvez aussi laisser au destinataire la liberté de choisir quand il souhaitera la découvrir.

Un anniversaire, une fête, une date importante pour votre famille ou liée à votre histoire commune. Vous pouvez choisir une date précise ou simplement indiquer le moment auquel vous aimeriez que votre transmission soit proposée.

Un passage à l’âge adulte, un diplôme, un mariage, une naissance, un départ de la maison ou une autre étape importante. Vous ne savez pas quand — ni même si — ce moment arrivera. Ce n’est pas un problème. Votre intention peut simplement être :

« J’aimerais que ce message lui soit transmis si ce moment arrive. »

Un futur petit-enfant, une génération suivante ou quelqu’un qui découvrira un jour votre histoire. Vous pouvez lui transmettre qui vous êtes, ce que vous avez vécu et ce que vous aimeriez qu’il reste de votre histoire.

Vous pouvez préparer quelques mots pour une période où cette personne pourrait traverser une épreuve ou un changement important. Sans essayer de prévoir ce qu’elle ressentira, vous pouvez simplement lui proposer une présence :

« Si un jour tu traverses une période où tu as envie de m’entendre… »

Et lui laisser la liberté de l’ouvrir — ou non.

 

Vous pouvez aussi ne choisir aucune date.

« À ouvrir lorsque tu en auras envie. »
« Pour toi, quand le moment te semblera juste. »

Ne pas choisir le moment peut aussi être un choix.

« Si un jour tu traverses une période où tu as envie de m’entendre… »

Et lui laisser la liberté de l’ouvrir — ou non.

Vous pouvez préparer plusieurs messages pour une même personne et différents moments de sa vie. Mais vous n’avez aucune obligation de construire tout un calendrier. Une seule transmission peut suffire.

Vous choisissez le moment auquel votre transmission pourra être proposée. Mais la personne qui la reçoit reste libre de la manière dont elle l’accueillera. Elle peut l’ouvrir immédiatement, attendre, y revenir plus tard ou ne pas se sentir prête à la découvrir. Préparer une transmission ne signifie pas décider à la place de l’autre de ce qu’il devra ressentir. Vous préparez quelque chose avec une intention. Le destinataire reste libre de ce qu’il en fera.

Notez simplement :

Quand aimeriez-vous que votre transmission puisse être remise ?

Y a-t-il une circonstance particulière à respecter ?

Souhaitez-vous laisser au destinataire le choix du moment où il l’ouvrira ?

Vous n’avez pas besoin de prévoir davantage pour l’instant. L’étape suivante vous permettra de revenir une dernière fois sur ce que vous avez créé.

08. Relire et finaliser votre transmission

Vous avez construit votre transmission et réfléchi au moment où vous aimeriez qu’elle soit découverte. Avant de penser à sa conservation, prenez un moment pour revenir à ce que vous avez préparé. Il ne s’agit pas de le rendre parfait, mais de vérifier qu’il vous ressemble et transmet bien ce que vous souhaitez laisser.

Si vous le pouvez, laissez passer quelques heures, quelques jours ou davantage. Puis relisez, réécoutez ou regardez votre message et demandez-vous :

Est-ce que je me reconnais dans ce message ?

Est-ce que je dis ce que j’avais réellement envie de dire ?

Y a-t-il quelque chose d’important qui manque ?

Y a-t-il quelque chose que je ne souhaite finalement plus transmettre ?

Demandez-vous :

Qu’est-ce que je souhaite réellement lui laisser ?

Certaines choses ont-elles besoin de davantage de contexte ?

Est-ce que je lui transmets quelque chose, ou est-ce que j’attends d’elle qu’elle porte ou résolve quelque chose pour moi ?

Vous n’avez pas besoin d’effacer les émotions difficiles, les regrets ou les vérités importantes. Un message peut être difficile et rester profondément juste. L’essentiel est de choisir consciemment ce que vous souhaitez laisser.

Une phrase à reformuler.

Un souvenir à ajouter.

Un passage à simplifier ou à retirer.

Une histoire à préciser.

Ou rien du tout. L’authenticité compte davantage que la perfection. Une hésitation dans votre voix, une rature ou une phrase imparfaite peuvent aussi faire partie de ce que la personne retrouvera de vous.

Si vous avez ajouté une photo, un objet, un enregistrement ou un autre élément, posez-vous simplement cette question :

La personne comprendra-t-elle pourquoi il est là ?

Si ce n’est pas évident, quelques mots d’explication peuvent suffire.

Votre vie continue, vos relations aussi. Vous pourrez revenir à votre transmission, la modifier, ajouter ou retirer quelque chose, ou en créer une nouvelle. Ce que vous préparez aujourd’hui peut évoluer avec vous.

Vérifiez simplement :

Est-ce que ce que j’ai préparé me ressemble ?

Est-ce que cela contient ce que je souhaite réellement transmettre ?

Ai-je indiqué quand ou dans quelles circonstances j’aimerais que cela soit remis ?

Si quelque chose reste incertain, vous pourrez y revenir. Si cela vous semble juste aujourd’hui, votre transmission est prête à être conservée. L’étape suivante consiste à faire en sorte qu’elle puisse réellement être retrouvée et transmise le moment venu.

09. Conserver et assurer la transmission

Vous avez préparé votre transmission. Il reste une question essentielle :

Comment faire en sorte qu’elle soit retrouvée et remise à la bonne personne, au moment prévu ?

Conserver un message ne suffit pas toujours. Quelqu’un doit savoir qu’il existe, où le trouver et ce que vous souhaitez qu’il en advienne. Vous pouvez organiser cela vous-même ou choisir de le confier à un tiers.

Une lettre, des photographies ou des objets peuvent être conservés chez vous, dans une boîte dédiée, un coffre-fort ou un lieu protégé. Pour les contenus numériques, choisissez un support ou un espace sécurisé et, si possible, prévoyez une copie. Dans tous les cas, posez-vous cette question :

Si je n’étais plus là demain, quelqu’un saurait-il que cette transmission existe et comment la retrouver ?

Vous pouvez confier votre transmission — ou simplement les instructions permettant de la retrouver — à une personne en qui vous avez confiance. Elle doit savoir :
ce qui existe et où le trouver ;
à qui cela est destiné ;
quand ou dans quelles circonstances le remettre ;
s’il existe des instructions particulières.

Elle n’a pas nécessairement besoin d’en connaître le contenu.

Une vidéo, un enregistrement ou un document peut être conservé et pourtant devenir inaccessible avec le temps. Vérifiez simplement où il se trouve, s’il existe une copie et comment la personne chargée de la transmission pourra y accéder. Évitez, si possible, que tout repose sur un seul appareil ou support.

Une transmission préparée aujourd’hui sera peut-être remise dans plusieurs années. Entre-temps, un support, des coordonnées, vos instructions ou la personne de confiance choisie peuvent changer. De temps en temps, vérifiez simplement :

Le contenu est-il toujours accessible ?

Mes instructions sont-elles toujours à jour ?

La personne choisie peut-elle toujours assurer ce rôle ?

Vous pouvez aussi souhaiter créer votre transmission vous-même, mais ne pas faire porter sa conservation et sa remise à un proche. Cette responsabilité peut alors être confiée à un tiers de confiance ou à un service professionnel.

Avant de choisir une solution, vérifiez notamment les conditions de conservation, la confidentialité, la durée prévue, les modalités de remise, le suivi des instructions dans le temps et ce qu’il adviendrait de votre transmission si le service cessait son activité.

Avant de terminer, demandez-vous simplement :

Ma transmission est-elle bien conservée ?

Quelqu’un sait-il qu’elle existe et comment la retrouver ?

Les instructions pour la remettre sont-elles claires ?

Pourra-t-elle encore être accessible dans plusieurs années ?

Vous pourrez revenir à cette organisation et l’adapter avec le temps. Vous avez maintenant prévu comment votre transmission pourra être conservée, retrouvée et remise selon vos intentions. Mais il reste une possibilité que nous n’avons pas encore vraiment explorée :

Et si elle n’avait finalement pas besoin d’attendre votre départ ?

10. Et si votre transmission n’attendait pas votre départ ?

Les Enveloppes Violettes sont nées autour de l’idée de transmettre quelque chose au-delà de sa propre vie. Mais ce que vous préparez n’a pas nécessairement besoin d’être posthume. Vous pouvez écrire aujourd’hui quelque chose qui sera découvert dans quelques mois ou plusieurs années, alors que vous êtes encore là.

Un anniversaire. Une étape de vie. Une date importante. Ou simplement un moment que vous choisissez. Vous pouvez préparer aujourd’hui une lettre, une photographie accompagnée de quelques mots, votre voix ou autre chose que vous souhaitez faire découvrir plus tard. Transmettre dans le temps ne signifie pas nécessairement transmettre après la mort.

En préparant quelque chose pour plus tard, vous réaliserez peut-être que certains mots n’ont aucune raison d’être gardés.

Un merci.

Un souvenir.

Une explication.

Un « je t’aime ».

Un pardon.

Une histoire que vous n’avez jamais racontée.

Vous pouvez aussi décider de les transmettre maintenant. Préparer quelque chose pour demain peut parfois nous rappeler ce que nous avons envie de dire aujourd’hui.

Une transmission prévue après votre départ peut finalement être donnée de votre vivant. Quelque chose préparé pour dans dix ans peut être remis plus tôt — ou attendre davantage. Votre transmission vous appartient. Elle peut évoluer avec votre vie et vos relations. L’essentiel n’est pas de prévoir parfaitement quand vos mots devront arriver. L’essentiel est d’avoir pris le temps de reconnaître ce que vous souhaitez transmettre.

11. Et maintenant ?

Vous avez pris le temps de réfléchir à ce que vous aimeriez transmettre. Peut-être avez-vous écrit une lettre, enregistré votre voix, choisi une photographie ou imaginé quelque chose pour plus tard. Ou peut-être n’avez-vous encore que quelques mots et une personne en tête. Tout cela est déjà une manière de commencer.

Vous pouvez vous arrêter ici, y revenir dans quelques jours ou quelques mois, ajouter une histoire, modifier un message ou créer quelque chose pour une autre personne. Rien ne vous oblige à tout terminer aujourd’hui.

Ce guide a été conçu pour cela. Vous pouvez reprendre les différentes étapes quand vous le souhaitez et avancer à votre rythme. Il n’existe pas de nombre idéal de messages, de forme parfaite ou de bonne manière de faire. Votre façon de transmettre peut rester entièrement la vôtre.

Parfois, les idées sont là mais les mots sont difficiles à trouver. Une histoire peut être plus complexe à raconter, plusieurs transmissions à organiser, ou l’on peut simplement préférer ne pas faire ce chemin seul. Dans ce cas, un accompagnement est possible. Il ne remplace pas votre voix et ne décide pas à votre place. Il vous aide à faire émerger, construire ou organiser ce que vous souhaitez transmettre.

Si quelque chose vous a aidé, vous a manqué ou si vous souhaitez simplement nous raconter votre expérience avec ce guide, vous pouvez nous écrire à :

info@les-enveloppes-violettes.com

Vous n’avez pas besoin de tout raconter.

Vous n’avez pas besoin de tout prévoir.

Vous n’avez pas besoin de créer quelque chose d’extraordinaire.

Quelques mots peuvent suffire pour laisser une trace de ce qui compte.

Les Enveloppes Violettes

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Préparer ma transmission

Les 3 phases

Ce guide est là pour vous aider à avancer pas à pas, à votre rythme.

Vous n’avez pas besoin de savoir exactement quoi écrire ni quelle forme prendra votre transmission. Vous pouvez commencer simplement par une personne, un souvenir, quelques mots ou une intention.

Au fil du guide, des questions, des exemples et des pistes vous aideront à faire émerger ce que vous souhaitez transmettre, à lui donner une forme, puis à préparer sa conservation et sa transmission.

Suivez les étapes dans l’ordre, revenez en arrière ou faites une pause lorsque vous en ressentez le besoin.

Faire émerger une première intention : à qui transmettre, pourquoi et ce que vous aimeriez laisser.

Donner forme à vos mots, vos souvenirs, vos histoires et à ce qui pourrait accompagner votre transmission.

Choisir quand et comment transmettre, puis prévoir sa conservation pour que votre message puisse parvenir à la bonne personne, au moment souhaité.

Réflexion avant de commencer

01. Votre première intention

Vous n’avez pas besoin de savoir quoi écrire. Pour l’instant, cherchez simplement à qui vous aimeriez transmettre quelque chose, pourquoi cette personne compte pour vous et ce que vous aimeriez qu’elle garde de vous.

Quelques mots, un souvenir ou une intention suffisent pour commencer.

Une personne vous vient-elle spontanément à l’esprit ?
Il peut s’agir d’un enfant, d’un conjoint, d’un parent, d’un ami ou de toute personne à qui vous aimeriez laisser quelque chose de vous.

Prénom ou lien avec vous

Par exemple : ma fille, mon frère, mon conjoint, une amie…

Qu’est-ce qui rend cette relation importante pour vous ?
Ne cherchez pas nécessairement une grande explication. Pensez simplement à ce qui vous relie : ce que vous avez vécu ensemble, ce que cette personne représente pour vous, ce qu’elle vous a apporté ou ce que vous aimeriez préserver de votre lien.

Quelques mots suffisent.

Par exemple : nos étés ensemble, sa façon de me faire rire, tout ce qu’elle m’a appris, une période difficile que nous avons traversée…

Imaginez cette personne au moment où elle découvrira ce que vous avez préparé. Si elle pouvait retrouver quelque chose venant de vous, qu’aimeriez-vous que ce soit ?

Une parole qu’elle puisse garder.

Un souvenir que vous ne voulez pas voir disparaître.

Une histoire qu’elle ne connaît peut-être pas.

Un conseil pour sa vie.

Quelque chose que vous aimeriez enfin lui expliquer.

Une part de votre histoire.

Votre voix, votre humour, une habitude, une valeur qui vous tient à cœur.

Ou simplement la certitude qu’elle a compté pour vous.

Une phrase peut suffire pour commencer

Vous pouvez essayer de compléter spontanément l’une de ces phrases :
« J’aimerais que tu saches… »

« Je voudrais que tu te souviennes… »

« Il y a une chose que je ne t’ai peut-être jamais dite… »

« Lorsque tu penseras à moi, j’aimerais que… »

Ne cherchez pas encore à écrire le message. Notez simplement ce qui vient.

Une personne. Ce qui la rend importante pour vous. Et peut-être déjà quelques mots que vous aimeriez lui laisser.

C’est suffisant pour continuer.

02. Explorer votre lien

Vous avez maintenant une personne en tête et une première idée de ce que vous aimeriez lui laisser. Prenez un moment pour explorer ce qui n’appartient qu’à votre relation : les souvenirs, les habitudes, les mots, les valeurs ou ces petites choses que vous seuls pouvez comprendre.

Il ne s’agit pas de raconter toute votre histoire, mais simplement de faire émerger ce qui mérite, pour vous, de ne pas disparaître.

Ne cherchez pas à répondre à tout. Arrêtez-vous simplement sur les questions qui font surgir quelque chose.

Quel souvenir me revient spontanément lorsque je pense à cette personne ?
Qu’avons-nous vécu ensemble que je ne voudrais pas voir disparaître ?
Qu’a-t-elle changé dans ma vie ou appris sur moi-même ?
Qu’est-ce qui me fait sourire lorsque je pense à elle ?
Y a-t-il quelque chose que je ne lui ai jamais vraiment dit ?
Qu’aimerais-je qu’elle comprenne un jour de notre relation ?

Si vous souhaitez aller un peu plus loin, choisissez simplement la relation qui vous correspond.

Conjoint(e) / Partenaire

Quels moments racontent le mieux votre histoire ?
Qu’aimeriez-vous que cette personne garde de votre vie ensemble ?

Enfant

Quels souvenirs de son enfance aimeriez-vous lui raconter avec votre propre regard ?
Qu’aimeriez-vous qu’il ou elle garde de vous pour la suite de sa vie ?

Frère / Sœur

Quels souvenirs n’appartiennent qu’à vous ?
Y a-t-il une tendresse, une gratitude, un regret ou un pardon que vous aimeriez exprimer ?

Parent

Qu’avez-vous reçu de cette personne que vous portez encore aujourd’hui ?
Y a-t-il quelque chose que vous comprenez aujourd’hui et que vous aimeriez enfin lui dire ?

Famille élargie

Quelles histoires, traditions ou anecdotes familiales aimeriez-vous préserver ?
Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations suivantes ?

Ami(e)

Quels moments racontent le mieux votre amitié ?
Qu’aimeriez-vous que cette personne sache de la place qu’elle a eue dans votre vie ?

Une personne qui a marqué votre vie

Qu’a-t-elle changé dans votre parcours ?
Sait-elle réellement l’impact qu’elle a eu sur vous ?

Un groupe ou une communauté

Qu’avez-vous vécu ou reçu ensemble ?
Quelle histoire, quelle gratitude ou quel souvenir aimeriez-vous préserver ?

Vous n’avez pas besoin de transmettre la même chose à tout le monde. Certaines histoires appartiennent à une relation précise ; d’autres peuvent traverser une famille ou plusieurs générations. Vous pouvez créer une transmission commune, plusieurs transmissions différentes, ou commencer simplement par une personne.

À la fin de cette étape, essayez simplement de repartir avec :

un souvenir,
quelque chose que cette personne vous a apporté,
quelque chose que vous aimeriez lui dire,
et peut-être une histoire que vous ne voulez pas voir disparaître.

Ce sont ces éléments qui donneront de la matière à votre transmission. Vous pouvez maintenant réfléchir à la forme qui leur correspondra le mieux.

03. Quelle forme pourrait prendre votre transmission ?

Vous avez fait émerger une personne, des souvenirs, des mots ou des éléments de votre histoire. Il est maintenant temps de vous demander sous quelle forme vous aimeriez les transmettre. Il n’y a pas de bon format ni de choix définitif. Une transmission peut être très simple, réunir plusieurs éléments ou évoluer avec le temps.

Une lettre, quelques lignes, une histoire, un carnet ou plusieurs messages. L’écrit permet de choisir ses mots et de laisser quelque chose que l’on pourra relire. Manuscrite ou non, une signature, un dessin ou une annotation peuvent aussi porter quelque chose de vous.

Un message audio transmet aussi une intonation, un rire, une hésitation ou une expression familière. Il n’a pas besoin d’être parfait. Parlez comme si la personne était avec vous.

La vidéo conserve votre voix, mais aussi vos expressions, vos gestes et votre regard. Un téléphone posé devant vous peut suffire. Ce que la personne retrouvera de vous compte davantage que la qualité technique.

Une photographie prend une autre dimension lorsqu’on lui ajoute son histoire. Qui était là ? Que se passait-il ? Pourquoi ce moment compte-t-il pour vous ? Une seule image accompagnée de quelques mots peut suffire.

Un bijou, un livre, une recette manuscrite ou un objet du quotidien peut porter une histoire que sa valeur matérielle ne raconte pas. Si vous choisissez un objet, pensez simplement à expliquer pourquoi il compte et pourquoi vous l’avez choisi pour cette personne.

Un lieu à découvrir, un repas, une activité, une tradition à poursuivre ou une expérience que vous aimeriez offrir. Vous pouvez y joindre quelques mots pour expliquer pourquoi vous l’avez choisie et ce que vous aimeriez transmettre à travers elle.

Vous n’avez pas à choisir. Une lettre peut accompagner une photo.
Un enregistrement peut raconter l’histoire d’un objet.
Une vidéo peut accompagner une expérience. La forme vient soutenir ce que vous souhaitez transmettre — pas l’inverse.

Posez-vous simplement ces questions :

Qu’aimeriez-vous que cette personne puisse relire ?

Entendre ?

Voir ?

Tenir entre ses mains ?

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez qu’elle puisse vivre ?

Vous n’avez pas besoin de décider maintenant.
Notez simplement les formes qui vous parlent le plus.

Vous avez une personne en tête, quelque chose que vous aimeriez préserver et peut-être déjà une idée de la forme que cela pourrait prendre. C’est suffisamment de matière pour commencer à construire votre transmission.

Construction du message

04. Ce que vous souhaitez transmettre

Vous avez fait émerger une personne, des souvenirs, des mots et peut-être une forme pour votre transmission. Il est maintenant temps de choisir ce que vous souhaitez réellement lui laisser. Vous n’avez pas besoin de tout dire. Une transmission peut raconter toute une vie, mais elle peut aussi tenir autour d’un seul souvenir, d’un merci ou de quelques mots.

Commencez simplement par ce qui compte pour vous.

Parmi les pistes suivantes, arrêtez-vous simplement sur celles qui font émerger quelque chose.

Un événement important ou un instant très ordinaire : un repas, des vacances, une conversation, une habitude, quelque chose qui vous faisait rire ensemble.

Pourquoi ce moment est-il resté avec vous ? Qu’aimeriez-vous que cette personne en garde ?

Ce qu’elle a apporté à votre vie, ce que vous admirez chez elle ou ce que votre relation signifie pour vous. Parfois, les choses qui semblent évidentes sont aussi celles que l’on oublie de dire.

Vous pouvez simplement dire ce que vous ressentez. Votre manière habituelle de parler peut être plus précieuse que des mots parfaitement choisis.

Un geste. Une présence. Une période traversée ensemble. Quelque chose que cette personne vous a apporté sans peut-être même le savoir.

Pour quoi aimeriez-vous lui dire merci ?

Votre enfance, vos choix, vos rencontres, vos rêves, vos réussites ou vos erreurs peuvent permettre à vos proches de découvrir une part de vous autrement.

Vous n’avez pas besoin de raconter toute votre vie. Choisissez simplement ce que vous aimeriez voir continuer à exister.

Peut-être existe-t-il quelque chose que la vie vous a appris et que vous aimeriez transmettre. Une manière d’aimer, de choisir, de traverser les difficultés, de recommencer ou de profiter de la vie. Plutôt que de donner une leçon, racontez comment vous en êtes arrivé là.

Quelques mots pour un doute, une difficulté, un changement de vie, une décision ou une réussite. Parlez à cette personne comme si elle était devant vous.

Une recette, une chanson, une expression familiale, un lieu ou une habitude peut raconter une partie de votre histoire. Transmettez-la, mais racontez aussi d’où elle vient et pourquoi elle compte pour vous.

Une explication. Un merci. Un regret. Une vérité. Une demande de pardon. Ou un pardon que vous souhaitez offrir. Vous êtes libre de les écrire ou non. Si vous le faites, gardez simplement cette question en tête :

Est-ce que je transmets quelque chose que je souhaite dire, ou quelque chose que j’attends de cette personne qu’elle porte ou répare pour moi ?

Un message peut contenir quelque chose de difficile sans en confier le poids à celui qui le recevra.

Vous pouvez raconter ce qui s’est passé, ce que cela a changé en vous, ce qui vous a aidé ou ce que vous en avez compris. Et vous n’avez pas besoin de transformer chaque épreuve en leçon positive.

Une lettre, votre voix, une vidéo, une chanson ou quelques mots peuvent aussi être préparés pour ce moment. Cela peut être un adieu, mais pas nécessairement : une histoire, un merci ou simplement quelque chose de vous.

Un souvenir peut conduire à un merci.
Une recette peut raconter votre enfance.
Une difficulté peut expliquer une valeur.
Une photo peut ouvrir une histoire.

Vous pouvez aussi créer plusieurs transmissions, pour différentes personnes ou différents moments.

Reprenez ce qui a émergé pendant la Phase 1 et choisissez simplement une chose que vous avez envie de raconter en premier. Un souvenir. Une histoire. Un merci. Une chose jamais dite. Une valeur. Une anecdote. Vous ne cherchez pas encore la version définitive. Vous cherchez simplement le fil par lequel commencer. Et si les premiers mots ne viennent pas, l’étape suivante est justement là pour vous aider.

05. Trouver les premiers mots

Commencer est parfois la partie la plus difficile. Vous savez peut-être déjà ce que vous souhaitez raconter sans savoir comment poser la première phrase. Elle n’a pas besoin d’être parfaite. Les phrases suivantes ne sont pas des modèles, simplement des points de départ pour trouver vos propres mots.

« Quand je pense à nous, je reviens souvent à… »

« Je ne sais pas si tu te souviens de ce jour où… »

« Il y a un souvenir que j’aimerais te raconter… »

« Il y a quelque chose que j’aimerais que tu saches sur la place que tu as eue dans ma vie… »

« Je ne t’ai peut-être jamais vraiment dit ce que j’aime chez toi… »

« Tu m’as appris quelque chose que tu ne sais peut-être même pas… »

« Il y a quelque chose que je voulais prendre le temps de te dire… »

« J’aimerais que tu saches… »

« Il y a une chose dont j’aimerais que tu te souviennes… »

« Il y a une partie de ma vie que je ne t’ai jamais vraiment racontée… »

« Quand j’avais ton âge… »

« Pour comprendre pourquoi cela compte autant pour moi, il faut que je te raconte… »

« Je ne sais pas exactement où tu seras dans ta vie lorsque tu découvriras ceci… »

« J’ai préparé ces mots en pensant au jour où tu les recevrais… »

« Au moment où tu découvriras ce message, beaucoup de choses auront peut-être changé… »

« Bonjour mon amour. »

« Bon… je ne sais pas vraiment comment commencer. »

« J’avais envie de te raconter quelque chose. »

Votre manière habituelle de parler peut être la meilleure façon de commencer.

Commencez au milieu. Écrivez le souvenir, l’histoire ou les mots qui vous viennent. La première phrase pourra venir plus tard. Vous pouvez même commencer par :

« Je ne sais pas comment commencer ce message, alors je vais simplement te raconter… »

« Léa,

Je repensais l’autre jour aux dimanches matin où tu venais t’asseoir sur le plan de travail pendant que je préparais les crêpes. Tu volais toujours la première avant même que j’aie terminé la pâte.

Je ne sais pas si ce souvenir aura la même importance pour toi que pour moi. Mais quand je pense à ton enfance, c’est souvent cette image qui me revient… »

L’exemple s’arrête volontairement ici. Il n’existe pas une bonne manière de poursuivre. Votre message peut aller vers un souvenir, une émotion, un merci, une histoire ou simplement quelques mots. L’important n’est pas d’écrire comme quelqu’un d’autre. C’est que, dans vos mots, la personne puisse vous reconnaître.

06. Enrichir votre transmission

Votre message peut se suffire à lui-même. Mais vous pouvez aussi l’accompagner de quelques éléments qui racontent quelque chose de vous, de votre histoire ou de votre relation. Il ne s’agit pas d’en faire davantage. Ajoutez simplement ce qui a du sens pour vous.

Une photo peut faire revenir un visage, un lieu, une époque ou toute une histoire. Vous pouvez l’accompagner de quelques mots : où étiez-vous, que se passait-il et pourquoi cette image compte-t-elle pour vous ?

Un bijou, un livre, un vêtement, une création ou même un objet parfaitement ordinaire peut porter une histoire. Si vous souhaitez le transmettre, racontez simplement d’où il vient, ce qu’il représente et pourquoi vous l’avez choisi pour cette personne.

Une chanson, une musique ou un son particulier peut ramener instantanément à une époque, une personne ou un souvenir. Vous pouvez simplement le transmettre en expliquant ce qu’il raconte pour vous.

La mémoire passe aussi par les sens. Un parfum, une recette familiale, un plat ou l’odeur d’un lieu peuvent faire partie de ce que vous souhaitez laisser. Vous pouvez les évoquer dans votre message ou imaginer une façon de permettre à la personne de les retrouver.

Votre écriture. Une expression. Une recette annotée. Un dessin. Une blague entre vous. Votre manière de signer vos messages. Ce sont parfois les choses les plus ordinaires qui donnent le plus fortement le sentiment de retrouver quelqu’un.

Un endroit, un repas, une promenade, un voyage, une activité ou une tradition peuvent aussi devenir une transmission. Vous pouvez raconter pourquoi cela compte pour vous et ce que vous aimeriez que cette personne y retrouve ou y vive.

Avant d’ajouter quelque chose, posez-vous simplement cette question :

« Pourquoi ai-je envie que cette personne reçoive aussi ceci ? »

Si la réponse vous ramène à une histoire, une émotion, un souvenir ou quelque chose que vous souhaitez transmettre, cet élément a probablement sa place. Sinon, vous n’avez pas besoin de l’ajouter.

Une lettre peut suffire.
Une photographie accompagnée de trois phrases peut suffire.
 Votre voix racontant un souvenir peut suffire.
Une recette avec une annotation dans la marge peut suffire.

La valeur de votre transmission ne dépend pas de sa taille ou du nombre d’éléments qu’elle contient. Elle vient de ce qu’elle raconte de vous et du lien qui vous unit à la personne qui la recevra.

Organisation et transmission

07. Choisir le moment de la transmission

Vous avez préparé quelque chose pour une personne. Reste maintenant à réfléchir au moment où vous aimeriez qu’elle le découvre. Ce moment peut être précis, symbolique, lié à une étape de vie — ou ne pas être défini du tout. Vous n’avez pas besoin de prévoir l’avenir. Choisissez simplement l’intention qui vous semble juste aujourd’hui.

Votre transmission peut être remise après votre décès, sans attendre de date particulière. Vous pouvez aussi laisser au destinataire la liberté de choisir quand il souhaitera la découvrir.

Un anniversaire, une fête, une date importante pour votre famille ou liée à votre histoire commune. Vous pouvez choisir une date précise ou simplement indiquer le moment auquel vous aimeriez que votre transmission soit proposée.

Un passage à l’âge adulte, un diplôme, un mariage, une naissance, un départ de la maison ou une autre étape importante. Vous ne savez pas quand — ni même si — ce moment arrivera. Ce n’est pas un problème. Votre intention peut simplement être :

« J’aimerais que ce message lui soit transmis si ce moment arrive. »

Un futur petit-enfant, une génération suivante ou quelqu’un qui découvrira un jour votre histoire. Vous pouvez lui transmettre qui vous êtes, ce que vous avez vécu et ce que vous aimeriez qu’il reste de votre histoire.

Vous pouvez préparer quelques mots pour une période où cette personne pourrait traverser une épreuve ou un changement important. Sans essayer de prévoir ce qu’elle ressentira, vous pouvez simplement lui proposer une présence :

« Si un jour tu traverses une période où tu as envie de m’entendre… »

Et lui laisser la liberté de l’ouvrir — ou non.

 

Vous pouvez aussi ne choisir aucune date.

« À ouvrir lorsque tu en auras envie. »
« Pour toi, quand le moment te semblera juste. »

Ne pas choisir le moment peut aussi être un choix.

« Si un jour tu traverses une période où tu as envie de m’entendre… »

Et lui laisser la liberté de l’ouvrir — ou non.

Vous pouvez préparer plusieurs messages pour une même personne et différents moments de sa vie. Mais vous n’avez aucune obligation de construire tout un calendrier. Une seule transmission peut suffire.

Vous choisissez le moment auquel votre transmission pourra être proposée. Mais la personne qui la reçoit reste libre de la manière dont elle l’accueillera. Elle peut l’ouvrir immédiatement, attendre, y revenir plus tard ou ne pas se sentir prête à la découvrir. Préparer une transmission ne signifie pas décider à la place de l’autre de ce qu’il devra ressentir. Vous préparez quelque chose avec une intention. Le destinataire reste libre de ce qu’il en fera.

Notez simplement :

Quand aimeriez-vous que votre transmission puisse être remise ?

Y a-t-il une circonstance particulière à respecter ?

Souhaitez-vous laisser au destinataire le choix du moment où il l’ouvrira ?

Vous n’avez pas besoin de prévoir davantage pour l’instant. L’étape suivante vous permettra de revenir une dernière fois sur ce que vous avez créé.

08. Relire et finaliser votre transmission

Vous avez construit votre transmission et réfléchi au moment où vous aimeriez qu’elle soit découverte. Avant de penser à sa conservation, prenez un moment pour revenir à ce que vous avez préparé. Il ne s’agit pas de le rendre parfait, mais de vérifier qu’il vous ressemble et transmet bien ce que vous souhaitez laisser.

Si vous le pouvez, laissez passer quelques heures, quelques jours ou davantage. Puis relisez, réécoutez ou regardez votre message et demandez-vous :

Est-ce que je me reconnais dans ce message ?

Est-ce que je dis ce que j’avais réellement envie de dire ?

Y a-t-il quelque chose d’important qui manque ?

Y a-t-il quelque chose que je ne souhaite finalement plus transmettre ?

Demandez-vous :

Qu’est-ce que je souhaite réellement lui laisser ?

Certaines choses ont-elles besoin de davantage de contexte ?

Est-ce que je lui transmets quelque chose, ou est-ce que j’attends d’elle qu’elle porte ou résolve quelque chose pour moi ?

Vous n’avez pas besoin d’effacer les émotions difficiles, les regrets ou les vérités importantes. Un message peut être difficile et rester profondément juste. L’essentiel est de choisir consciemment ce que vous souhaitez laisser.

Une phrase à reformuler.

Un souvenir à ajouter.

Un passage à simplifier ou à retirer.

Une histoire à préciser.

Ou rien du tout. L’authenticité compte davantage que la perfection. Une hésitation dans votre voix, une rature ou une phrase imparfaite peuvent aussi faire partie de ce que la personne retrouvera de vous.

Si vous avez ajouté une photo, un objet, un enregistrement ou un autre élément, posez-vous simplement cette question :

La personne comprendra-t-elle pourquoi il est là ?

Si ce n’est pas évident, quelques mots d’explication peuvent suffire.

Votre vie continue, vos relations aussi. Vous pourrez revenir à votre transmission, la modifier, ajouter ou retirer quelque chose, ou en créer une nouvelle. Ce que vous préparez aujourd’hui peut évoluer avec vous.

Vérifiez simplement :

Est-ce que ce que j’ai préparé me ressemble ?

Est-ce que cela contient ce que je souhaite réellement transmettre ?

Ai-je indiqué quand ou dans quelles circonstances j’aimerais que cela soit remis ?

Si quelque chose reste incertain, vous pourrez y revenir. Si cela vous semble juste aujourd’hui, votre transmission est prête à être conservée. L’étape suivante consiste à faire en sorte qu’elle puisse réellement être retrouvée et transmise le moment venu.

09. Conserver et assurer la transmission

Vous avez préparé votre transmission. Il reste une question essentielle :

Comment faire en sorte qu’elle soit retrouvée et remise à la bonne personne, au moment prévu ?

Conserver un message ne suffit pas toujours. Quelqu’un doit savoir qu’il existe, où le trouver et ce que vous souhaitez qu’il en advienne. Vous pouvez organiser cela vous-même ou choisir de le confier à un tiers.

Une lettre, des photographies ou des objets peuvent être conservés chez vous, dans une boîte dédiée, un coffre-fort ou un lieu protégé. Pour les contenus numériques, choisissez un support ou un espace sécurisé et, si possible, prévoyez une copie. Dans tous les cas, posez-vous cette question :

Si je n’étais plus là demain, quelqu’un saurait-il que cette transmission existe et comment la retrouver ?

Vous pouvez confier votre transmission — ou simplement les instructions permettant de la retrouver — à une personne en qui vous avez confiance. Elle doit savoir :
ce qui existe et où le trouver ;
à qui cela est destiné ;
quand ou dans quelles circonstances le remettre ;
s’il existe des instructions particulières.

Elle n’a pas nécessairement besoin d’en connaître le contenu.

Une vidéo, un enregistrement ou un document peut être conservé et pourtant devenir inaccessible avec le temps. Vérifiez simplement où il se trouve, s’il existe une copie et comment la personne chargée de la transmission pourra y accéder. Évitez, si possible, que tout repose sur un seul appareil ou support.

Une transmission préparée aujourd’hui sera peut-être remise dans plusieurs années. Entre-temps, un support, des coordonnées, vos instructions ou la personne de confiance choisie peuvent changer. De temps en temps, vérifiez simplement :

Le contenu est-il toujours accessible ?

Mes instructions sont-elles toujours à jour ?

La personne choisie peut-elle toujours assurer ce rôle ?

Vous pouvez aussi souhaiter créer votre transmission vous-même, mais ne pas faire porter sa conservation et sa remise à un proche. Cette responsabilité peut alors être confiée à un tiers de confiance ou à un service professionnel.

Avant de choisir une solution, vérifiez notamment les conditions de conservation, la confidentialité, la durée prévue, les modalités de remise, le suivi des instructions dans le temps et ce qu’il adviendrait de votre transmission si le service cessait son activité.

Avant de terminer, demandez-vous simplement :

Ma transmission est-elle bien conservée ?

Quelqu’un sait-il qu’elle existe et comment la retrouver ?

Les instructions pour la remettre sont-elles claires ?

Pourra-t-elle encore être accessible dans plusieurs années ?

Vous pourrez revenir à cette organisation et l’adapter avec le temps. Vous avez maintenant prévu comment votre transmission pourra être conservée, retrouvée et remise selon vos intentions. Mais il reste une possibilité que nous n’avons pas encore vraiment explorée :

Et si elle n’avait finalement pas besoin d’attendre votre départ ?

10. Et si votre transmission n’attendait pas votre départ ?

Les Enveloppes Violettes sont nées autour de l’idée de transmettre quelque chose au-delà de sa propre vie. Mais ce que vous préparez n’a pas nécessairement besoin d’être posthume. Vous pouvez écrire aujourd’hui quelque chose qui sera découvert dans quelques mois ou plusieurs années, alors que vous êtes encore là.

Un anniversaire. Une étape de vie. Une date importante. Ou simplement un moment que vous choisissez. Vous pouvez préparer aujourd’hui une lettre, une photographie accompagnée de quelques mots, votre voix ou autre chose que vous souhaitez faire découvrir plus tard. Transmettre dans le temps ne signifie pas nécessairement transmettre après la mort.

En préparant quelque chose pour plus tard, vous réaliserez peut-être que certains mots n’ont aucune raison d’être gardés.

Un merci.

Un souvenir.

Une explication.

Un « je t’aime ».

Un pardon.

Une histoire que vous n’avez jamais racontée.

Vous pouvez aussi décider de les transmettre maintenant. Préparer quelque chose pour demain peut parfois nous rappeler ce que nous avons envie de dire aujourd’hui.

Une transmission prévue après votre départ peut finalement être donnée de votre vivant. Quelque chose préparé pour dans dix ans peut être remis plus tôt — ou attendre davantage. Votre transmission vous appartient. Elle peut évoluer avec votre vie et vos relations. L’essentiel n’est pas de prévoir parfaitement quand vos mots devront arriver. L’essentiel est d’avoir pris le temps de reconnaître ce que vous souhaitez transmettre.

11. Et maintenant ?

Vous avez pris le temps de réfléchir à ce que vous aimeriez transmettre. Peut-être avez-vous écrit une lettre, enregistré votre voix, choisi une photographie ou imaginé quelque chose pour plus tard. Ou peut-être n’avez-vous encore que quelques mots et une personne en tête. Tout cela est déjà une manière de commencer.

Vous pouvez vous arrêter ici, y revenir dans quelques jours ou quelques mois, ajouter une histoire, modifier un message ou créer quelque chose pour une autre personne. Rien ne vous oblige à tout terminer aujourd’hui.

Ce guide a été conçu pour cela. Vous pouvez reprendre les différentes étapes quand vous le souhaitez et avancer à votre rythme. Il n’existe pas de nombre idéal de messages, de forme parfaite ou de bonne manière de faire. Votre façon de transmettre peut rester entièrement la vôtre.

Parfois, les idées sont là mais les mots sont difficiles à trouver. Une histoire peut être plus complexe à raconter, plusieurs transmissions à organiser, ou l’on peut simplement préférer ne pas faire ce chemin seul. Dans ce cas, un accompagnement est possible. Il ne remplace pas votre voix et ne décide pas à votre place. Il vous aide à faire émerger, construire ou organiser ce que vous souhaitez transmettre.

Si quelque chose vous a aidé, vous a manqué ou si vous souhaitez simplement nous raconter votre expérience avec ce guide, vous pouvez nous écrire à :

info@les-enveloppes-violettes.com

Vous n’avez pas besoin de tout raconter.

Vous n’avez pas besoin de tout prévoir.

Vous n’avez pas besoin de créer quelque chose d’extraordinaire.

Quelques mots peuvent suffire pour laisser une trace de ce qui compte.

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